Les outils ont été développés avec l’association « Laboratoire de Recherche Vivante » suite à la demande d’une communauté népalaise, deux ans après les tremblements de terre d’avril et mai 2015. Face à l’ampleur de la catastrophe et la complexité du sujet, nous avons développé des outils dans le but de rendre possible l’application de la politique de reconstruction, en se préoccupant de la reconstruction du tissu social au même titre que la reconstruction physique.

Face à la pénurie de ressources humaines, matérielles et financières, nous avons démultiplié notre capacité d’action par l’implication des citoyens et l’utilisation des outils dans le processus de reconstruction. Nous avons réfléchi la solution comme proportionnelle à l’échelle de la problématique

Pensé comme ouvert, adaptable, modifiable, transmissible, rapide et peu coûteux à produire, l’outil opensource et imprimable s’est présenté comme idéal face à la situation.

Par la richesse d’ethnie et la diversité des modes de vie, il fallait pouvoir adapter les outils aux besoins spécifiques des communautés en relation avec leur environnement : il était donc indispensable de fournir le fichier source. Les outils sont développés sous l’OS Linux et avec la suite bureautique Libreoffice. Les fichiers sources sont accessibles librement (sous licence CC BY-NC-SA 4.0). Cela permet à chaque citoyen de s’approprier et continuer le développement des outils selon ses besoins et sans barrières financières. C’est être autonome quant-à la contextualisation des outils.

L’information et les outils se diffusent de pair-à-pair. Ils sont simples et peu coûteux : chaque utilisateur a la possibilité d’emporter les outils, les photocopier, les imprimer et de les transmettre à ses proches. C’est une manière de libérer le projet et de ne pas limiter la participation à l’unique présence en séance d’atelier formelle. C’est permettre toute forme d’implication.

C’est inclure le fait que la vie est organique et imprévisible. C’est prendre en compte les problèmes personnels de chaque individu, inclure le fait que l’emploi du temps de chacun est différent et permettre différentes manières de s’impliquer dans le projet (directe, indirecte, formelle, informelle). Chaque individu devient porte de parole d’une molécule sociale.

L’outil n’a pas de frontière : les projets peuvent émerger par le bas. C’est permettre aux citoyens de créer la demande de projet après des autorités locales. Utiliser les outils OSAUPT, c’est donner une nature inclusive, spontanée et informelle aux projets qu’ils soutiennent, c’est laisser une part d’autogestion et d’autonomie aux citoyens qui les portent.