Qui suis-je ?

Un architecte en cavale

J’ai travaillé durant trois ans au Népal suite aux tremblements de terre de Avril et Mai 2015. Les longs mois vécus chez l’habitant m’ont fait découvrir un mode de vie et un environnement où les conditions physiques sont rudes et instables, où l’organisation sociale est complexe et où chaque individu participe à la répartition des tâches et à la transmission des savoirs et des connaissances. C’est dans ce contexte où je me suis engagé dans le processus de reconstruction, sous le rôle d’ouvrier, chef de chantier, formateur, et d’architecte.

– voir architecteencavale.jimdofree.com

Louis Geiswiller,
Architecte

Un concept né au Népal

Le concept de l’outil est à l’origine créé suite aux tremblements de terre au Népal de avril et mai 2015. Il a été pensé pour que des communautés rurales deviennent leur propre architecte, soutenant ainsi une vision participative et collaborative de la reconstruction.

Deux ans après la catastrophe, il est apparu évident que la politique prévue par le gouvernement népalais resterait inapplicable à l’échelle du pays. La pénurie d’ingénieurs, de matériaux, d’ouvriers qualifiés jointe à la difficulté d’accès aux informations fiables a laissé place à la compétition et à la corruption.

Ce fut l’occasion de questionner mes actions précédentes. Face à l’échelle de la catastrophe (800.000 maisons à reconstruire), il semblait indispensable de proposer une solution proportionnelle dans le but de permettre l’application de la politique à l’échelle nationale. Le traumatisme subit et la grande diversité des ethnies n’ont fait que amplifier le besoin d’impliquer les communautés dans le processus de reconstruction. J’ai donc conçu des outils simples pour que les communautés soient leur propre architecte.

Malgré tous les efforts, la compétition a pris le dessus car la pression à reconstruire en temps limité instaurée par les autorités locales et les ONG était trop forte. De ce fait, je suis rentré en France pour asseoir mes réflexions et l’expérience acquise sur la situation népalaise. Ces trois ans de voyage ont créé en moi une passion profonde autour des projets aux problématiques sociales et environnementales.

Promouvoir la co-conception

De retour en France et en continuité avec mes travaux précédents, j’ai repensé mon rôle en tant qu’architecte. En juin 2019, j’ai fondé l’entreprise Osaupt qui conçoit des outils collaboratifs et anime des ateliers de co-conception.

Je crois profondément en une vision co-conçue des projets car il me semble nécessaire de valoriser l’expérience de vie de chaque individu, au même titre que les compétences des experts pour concevoir des lieux de vie. Cela donne du sens et de la richesse aux projets.

Grâce à des outils manipulables, les utilisateurs réfléchissent collectivement afin de faire émerger des idées complexes et en accord avec les besoins de chacun. Mon rôle est, bien sûr, de stimuler la créativité des participants, mais surtout de structurer l’ensemble des idées pour les traduire en données exploitables par la maîtrise d’œuvre. Cela permet un gain de temps en évitant les nombreux allers-retours habituels et surtout de trouver des solutions pertinentes et durables dans le temps.